La prisonnière du temps

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Londres, 2017. Elodie Winslow est archiviste dans une prestigieuse maison à Londres, où, par hasard, elle met la main sur une sacoche en cuir contenant la photo d’une jeune femme accompagnée de différents dessins, dont celui d’un manoir ancien. La maison n’est pas sans lui rappeler celle qui hantait le conte que lui racontait, enfant, sa mère disparue. Intriguée par cette coïncidence, Elodie va se mettre à la recherche des origines du mystérieux propriétaire de la sacoche et lever le voile sur les tragédies qui jalonnent l’histoire du manoir; celles de femmes et de familles qui y vécurent ou n’y ont passé que quelques heures, les Radcliffe, les Winslow, essentiellement, mais aussi Helen, Elodie, Birdie et bien d’autres.

Kate Morton

716 p.

Editions Pocket

The clockmaker’s daughter, 2020

Ma Note

Note : 3.5 sur 5.

Chère Kate Morton

Écrire cette lettre à votre intention, vous, auteure, pour qui je suis une parfaite inconnue, est un moment particulier pour moi, lectrice de votre dernier roman La Prisonnière du Temps, qui ne suis pas tellement expansive. Et puis, nous avons perdu l’usage de la correspondance, cet acte solennellement réfléchi et préparé, soigneusement rédigé, qui exige davantage que le simple courriel stéréotypé, amorcé par un anonyme Madame, finalisé d’un austère cordialement. Je me rappelle des dispositions épistolières de vos personnages, Helen et Léonard, et j’aimerais vous faire partager dans cette lettre les émotions que votre passionnant récit a suscitées en moi.

Chère Kate, je viens de tourner la dernière page de votre roman et quelques images restent gravées dans ma mémoire. Des tableaux façonnées par la force créatrice et poétique de votre imagination et de votre écriture, celui du bucolique et mystérieux manoir de Birchwood, le tableau de cette capitale à la fois effervescente, âpre et violente, le tableau de ces passions destructrices et dévastatrices, gravées dans le marbre du manoir. Diverses émotions m’ont émaillée le long de cette lecture de sept cents pages, vous vous en doutez. J’ai été émue par l’image intemporelle d’une ville moderne, et de ses rues chargée du poids de son passé et de sa misère autant que de la richesse de sa population composite à la Charles Dickens, touchée par la destinée impitoyable de ces enfants de rue ou abandonnés par leurs parents dans ce qu’il semblerait être bien une réplique améliorée d’orphelinat, j’y ai retrouvé, avec plaisir et intérêt, le charme du mystère enveloppant les histoires d’un William Wilkie Collins, emportée par la puissance de l’eau impitoyable et dévorante d’une Virginia Woolf, passionnée par le désespoir des amours perdus des sœurs Brontë, et charmée par cette Angleterre rurale chère à George Eliot. Et, enfin, édifiée par votre lumière, celle de Kate Morton, les lumières brutes de votre Australie natale, qui adoucissent les ombres de cette Angleterre parfois un peu trop brumeuse.

Vous qui êtes Australienne, chère Kate Morton, qui avez grandi au soleil, à la chaleur de cette terre asséchée par le vent, avez réussi à conserver l’éclat original des couleurs, dans cette épopée ou les drames, les passions, les amours sans retour, se lèguent inlassablement d’une génération à l’autre. Vous avez peint, Kate, avec succès l’histoire de ce manoir, de ses hôtes, de sa pierre précieuse, avec toute cette palette d’émotions qui a été la vôtre, des plus lumineuses aux plus sourdes. Au son de la douce mélodie, tantôt gaie, quelquefois plus mélancolique, des violoncelles et des flûtes, des amours perdues, des idylles impossibles, des mariages brisés, orchestrée par le ressac infini de la tamise.

Fille, femme, mère, épouse, de la téméraire Birdie, la douce Elodie, la tempétueuse Ada, à la réfléchie Karin, la tempérée Helen, la talentueuse Loren, vous avez esquissé des destinées féminines, attachantes et inoubliables, qui se croisent inlassablement, au sein de cette demeure aimée. Vous entremêlez avec succès passé, futur, présent, ou tout et tous ne deviennent finalement qu’affluent de Birchwood, ce courant vif et brutal de l’existence, sur lequel je me suis laissée embarquer.

Chère Kate Morton, il faut bien que je conclue cette lettre, déjà assez longue. Je vous remercie de m’avoir ouvert cette fenêtre sur cette Angleterre que j’aime tant, dans l’attente que vous en ouvriez d’autres, le torrent de votre inspiration est j’en suis sûre loin d’être tari.

À bientôt, peut-être

Géraldine

Dans le huitième et dernier chapitre du livre, Gilbert se focalisait de nouveau sur les maisons dans l’oeuvre d’Edward Radcliffe, et notamment sur celle que la famille de l’artiste possédait à la campagne, « sa délicieuse maison…. lovée dans son méandre de rivière ».

Cette fois, Gilbert n’hésitait pas à faire allusion à sa propre histoire. Car il avait, lui aussi, passé un été dans la « déclicieuse maison » de Radcliffe, suivant pas à pas le peintre tout en mettant la dernière touche à sa thèse de doctorat.

Leonard Gilbert, le vétéran de la Grande Guerre, que le deuil n’avait pas épargné sur les champs de bataille de France, décrivait, élégiaque, les effets du déracinement, tout en concluant son essai sur une note d’espoir. Après une ultime méditation sur la nostalgie du foyer, il louait le bonheur d’avoir trouvé, après tant d’années d’errance, un lieu de consolation. Gilbert convoquait un contemporain de Radcliffe – Charles Dickens, le plus grand des victoriens -, pour rappeler le pouvoir immense et simple de cette notion: « Le foyer, c’est un nom, un mot, si fort ; les magiciens n’en connaissent pas de plus fort, les esprits ne répondent pas à appel plus impérieux. » Et pour Edward Radcliffe, disait Gilbert, ce foyer avait un nom: Birchwood Manor.

Pour aller plus loin

Un labyrinthe qui cache un secret. Une conteuse victorienne dont l’œuvre a disparu. Trois générations de femmes unies par une même histoire…

En 1913, sur le port de Brisbane, en Australie, une petite fille de quatre ans est retrouvée abandonnée sur un bateau arrivant d’Angleterre, avec pour tout bagage une valise contenant quelques vêtements et un superbe livre de contes de fées. Recueillie par un couple, elle n’apprend son adoption que le jour de son vingt et unième anniversaire. Des années plus tard, Nell décide de partir à la recherche de son passé, en Cornouailles, au domaine de Blackhurst. A sa mort, sa petite-fille Cassandra poursuit cette quête et se rend à son tour en Angleterre afin de percer les secrets du domaine..

Été 1924, dans la propriété de Riverton.
L’étoile montante de la poésie anglaise, lord Robert Hunter, se donne la mort au bord d’un lac, lors d’une soirée. Dès lors, les sœurs Emmeline et Hannah Hartford, seuls témoins de ce drame, ne se sont plus adressé la parole. Selon la rumeur, l’une était sa fiancée et l’autre son amante…
1999. Une jeune réalisatrice décide de faire un film autour de ce scandale et s’adresse au dernier témoin vivant, Grace Bradley, à l’époque domestique au château.
Grace s’est toujours efforcée d’oublier cette nuit-là. Mais les fantômes du passé ne demandent qu’à se réveiller.

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