Du nouveau sur mes étagères #2

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Cet été, je suis allée faire un petit tour en Pologne. J’y ai ramené de beaux souvenirs de Cracovie, Varsovie, de Gdansk et la mer Baltique (et de la frontière russe, oui j’y ai tenu à y aller même si clairement sans visa nous n’avons rien vu – on a à peine eu le temps d’apercevoir un poste de frontière et un message de Free nous souhaitant la bienvenue sur le réseau Russe free mobile avant de faire demi-tour. Mais j’ai entrevu la Russie – on se rassure comme on peut, n’est-ce-pas!). D’autres plus difficiles d’Auschwitz, néanmoins essentiels, et du musée POLIN. D’agréables souvenirs en famille, de la joie, de la découverte et de la littérature. Et puis finalement des livres, une bonne dizaine, largement inspirés d’ailleurs par ma visite à Auschwitz et notre passage dans les ghettos . Il va falloir que quelqu’un se décide à organiser un mois spécial Pologne…

Un grand merci à la Librairie Française Edukator de Cracovie, dont le sympathique vendeur m’a conseillé certains titres: cette librairie a le mérite de présenter, outre les habituels ouvrages pédagogiques, un large panel de titres français, et d’auteurs polonais en français.

Danse aux noces des autres – Hanna Krall – Ed. Gallimard

«Le mariage de la petite-fille de Moshé Niskier sera célébré à la synagogue.Daniela Niskier, médecin de profession, épousera Carlos Wajsmann, un employé de banque.Le festin de noce commencera à dix heures du soir.L’orchestre de Warda Hermolin accompagnera la fête. Ils savent tout aussi bien jouer la lambada que chanter A yidishe mame.Il faut absolument chanter A yidishe mame, car les invités doivent verser une larme.Ceux d’Ostrowiec vont sûrement pleurer. Là-bas, il y avait de vraies mères juives.Les femmes en robe de mousseline, de brocart et de dentelle d’Italie, faite sur mesure par la Maison Liliana, ce ne sont que des mères déguisées. La chanson de Warda Hermolin ne parlera pas d’elles.Après les pleurs, il y aura des danses.Cypa Gorodecka (revenons à Cypa) regardera les danseurs.Si seulement elle est invitée à la noce.»

Blitz et autres histoires – Esther Kreitman – Ed. Points

Chez les Singer, avant ses frères, elle fut la première à prendre la plume et à ouvrir la voie. Soeur du Prix Nobel Isaac Bashevis et du journaliste surdoué Israel Joshua, Esther Hinde raconte, en yiddish, le shtetl et l’exil, la modernité et la tradition, l’inextinguible soif de connaissance et la médiocrité des érudits.

Wiera Gran, l’accusée – Agata Tuszynska – Ed. Points

Wiera Gran était la chanteuse étoile du ghetto de Varsovie. cette « Marlène Dietrich née Grynberg », d’une beauté stupéfiante, à la voix chaude, se produit au cœur du Broadway juif d’avril 1941 au printemps 1942, où elle parvient à fuir, laissant derrière elle les siens. Son accompagnateur, Wladislas Szpilman, le « pianiste » du célèbre film de Roman Polanski, passera à la postérité. Elle, non. Pourquoi ? Quelle fut sa faute ? A quel prix peut-on survivre ? Comment savoir ce qui s’est vraiment passé entre les murs du ghetto ? Wiera Gran sera accusée après la guerre d’avoir collaboré avec les nazis, d’avoir chanté devant eux, d’avoir incarné une « Mata-Hari » glamour, une sorte d’agent double. Folle de chagrin, persuadée qu’on la persécutait, juive errante, exilée chantant dans les cabarets de Caracas ou de Tel-Aviv, comme au Carnegie Hall à New York, elle finit sa vie, seule, dans un petit appartement parisien, reine d’un royaume, des ombres et des secrets de la guerre. Elle meurt le 19 novembre 2007.

A la fois détective et historienne, biographe empathique et enquêtrice d’une mémoire défaillante, Agata Tuszynska ressuscite dans ce livre poignant et fiévreux, traversée du siècle, le destin brisé comme l’honneur perdu de Wiera Gran.

L’Art d’écosser les haricots – Wieslaw Mysliwski – Ed. Actes Sud

Le narrateur, vieux gardien d’un village de vacances, reçoit un jour la visite d’un inconnu qui souhaite lui acheter des haricots. Pendant qu’ils les écossent ensemble, le maître des lieux raconte, dans une sorte d’improvisation savante, les événements et les rencontres qui ont marqué sa vie. Lauréat du prix littéraire polonais le plus prestigieux (le prix Nike), ce drôle de roman philosophique s’empare du lecteur dès la première ligne.

Dieu, le temps, les hommes et les anges – Olga Tokarczuk – Ed. Robert Laffont

Antan a tout l’air de n’être qu’un paisible village polonais. L’existence y est ponctuée par le temps : le temps d’aimer, de souffrir puis de mourir. Antan est situé au centre de l’univers – coeur du monde, coeur des hommes, coeur de l’histoire. Mais qui préside à son destin ? Dieu, qui du haut des cieux lui envoie les maux et les bonheurs dévolus aux humains, ou le châtelain Popielski, envoûté par le Jeu du labyrinthe que lui a offert le rabbin et qui, d’un coup de dés, renverse peut-être l’ordre des choses ? Un homme se transforme en bête, les âmes des morts errent dans le bourg jusqu’à se croire vivantes, des animaux parlent à une vieille folle… Au cours ordinaire de la vie se substitue brutalement la guerre avec son cortège d’événements diaboliques.
Un conte ponctué de purs moments d’émotion, de fragiles instants de vérité saisis au vol par une plume d’une fraîcheur et d’une originalité peu communes, celle d’Olga Tokarczuk, la romancière polonaise contemporaine la plus traduite dans le monde, récompensée du prix international Man Booker 2018.

La jolie Madame Seidenman – Andrezej Szczypiorski – Ed. Liana Levi

 » Quel bonheur de me réveiller ici ! pensa Irma Seidenman. Elle découvrait pour la première fois la joie de vivre, elle découvrait avec une sorte de jubilation son propre corps. Elle contempla son pied dans la glace, en fit bouger les doigts. Ainsi je suis sauvée, pensa-t-elle avec délices, je suis ici, dans ma maison. Mais soudain, elle fut saisie d’effroi à l’idée qu’elle pourrait encore périr, ne pas attendre la fin de la guerre, partager le sort des autres juifs (…) Elle sentait la sueur ruisseler sur ses tempes, son dos était trempé, elle étouffait de peur, une peur poisseuse, viscérale, comme si elle venait d’échouer à Szucha, dans le bureau de Stuckler, comme si elle venait de rencontrer Bronek Blutman. Non, se disait-elle, je ne le supporterai pas ! C’est arrivé une fois, cela ne se reproduira plus.  » Andrzej Szczypiorski. La jolie Madame Seidenman, c’est toute la Pologne de 1930 à 1980, vécue à travers les sublimes, dérisoires et mortelles aventures d’une jolie veuve juive que la solidarité humaine enlève aux griffes de la Gestapo, pour que, trente ans plus tard, l’antisémitisme communiste la condamne à un triste exil en France. Ce roman, de facture très classique, mais dont l’inspiration est résolument moderne, désigne Andrzej Szczypiorski comme l’un de plus grands écrivains polonais d’aujourd’hui.

Du fond de l’abîme – Hillel Seidman – Ed. Pocket

Le ghetto de Varsovie, 350 000 Juifs ; juillet 1942. Des rumeurs insistantes font état de la déportation imminente des Juifs. C’est à ce moment précis que le jeune archiviste de la communauté, Hillel Seidman, décide de consigner dans un journal le récit de l’horreur quotidienne pour le transmettre à la postérité. Il poursuivra cette chronique de l’angoisse jusqu’à son arrestation en janvier 1943, sauvé par un extraordinaire passeport paraguayen.

Le « Journal du ghetto », rédigé en hébreu, a paru en 1946, suivi d’une traduction yiddish en 1947. N’ayant jamais fait l’objet d’une édition dans une langue à diffusion internationale, ce texte est resté méconnu ; il s’agit pourtant d’un document humain bouleversant, qui restitue, à travers le vécu d’un homme profondément religieux, la résistance obstinée et multiforme des Juifs de Varsovie à l’entreprise génocidaire nazie.

Préfacé, traduit de l’hébreu et du yiddish et annoté par Nathan Weinstock, le « Journal du ghetto » de Seidman est accompagné d’un dossier documentaire et critique composé par Nathan Weinstock et Georges Bensoussan, avec la collaboration de Micheline Weinstock, qui fait de ce livre un document unique.

Le journal d’un Loup – Mariusz Wilk – Ed. Libretto

En 1991, Mariusz Wilk s’est retiré pour six ans sur les îles Solovki, archipel isolé de la mer Blanche. Véritable microcosme de l’empire soviétique, centre de la religion orthodoxe russe, mais aussi lieu où le SLON, premier camp de travail forcé d’Union soviétique, sorte de laboratoire du goulag, fut établi au lendemain de la révolution de 1917, cet archipel reflète l’histoire tumultueuse et complexe de la Russie. Wilk, durant son séjour, a connu chacun des mille habitants de Solovki, évoqué leurs destins broyés, pittoresques ou cocasses, affronté avec eux un environnement hostile et magnifique, mais aussi partagé leur fascination pour l’étrange beauté des paysages du Grand Nord

Le Mrozek de poche – Slawomir Mrozek – Ed. Noir sur Blanc

Après Le petit Mrożek illustré, voici un nouveau recueil des meilleures nouvelles du grand écrivain polonais. Sous la forme d’un abécédaire, inutile et parfaitement indispensable, Mrożek nous propose son manuel de survie pour une société de dingues.
« La logique ne provoque que des nuits blanches », se lamente un des personnages. Elle suscite aussi les plus absurdes comportements : tel général ira enrôler, pour son malheur, tous les vampires du cimetière militaire ; tel quidam, sous le coup de la déception, finira par montrer son derrière aux satellites espions ; tel gardien de parc, sentimental, sera licencié pour avoir rendu alcoolique le cygne du bassin ; tel sosie de l’ancien dictateur, avant de se faire descendre, s’entendra reprocher : « Les gens se réjouissent de sa mort, et toi, tu voudrais continuer à leur imposer sa gueule ? »…
Ces trente-huit très courtes nouvelles, parfois d’une page à peine, sont accompagnées par vingt dessins de Chaval, d’un humour noir exquis et d’une extraordinaire puissance narrative.

La peste à Breslau – Marek Krajewski – Ed. Folio

Breslau, en Pologne, dans les années 1920. Dans un appartement bourgeois, deux prostituées sont retrouvées mortes, les dents de devant arrachées. On confie l’affaire à Eberhard Mock, sergent-chef à la brigade des Mœurs, pour qu’il mette la main sur l’auteur de cette effroyable mise en scène. Grâce à ses penchants prononcés pour la chair et l’alcool, aucun bordel, aucun cabaret, aucun proxénète ne lui sont inconnus. Touché par cette horreur, il s’acharne et fait jouer toutes ses relations pour mener l’enquête. Rien ne lui fait peur… Ni le respect de la hiérarchie, ni les interrogatoires musclés rondement menés en terrain hostile… Cependant, quand il s’avère que ce sont ses empreintes que l’on retrouve sur l’arme du crime, il ne s’agit plus pour Mock d’une simple investigation. Manipulation et corruption se mêlent au sang versé. Et s’il doit faire la lumière sur cette affaire, ce n’est plus seulement pour rétablir l’honneur des deux jeunes disparues, mais aussi pour sauver sa peau¿

Le Sanatorium au croque-mort – Bruno Schulz – Ed. Gallimard

Publiés trois ans après Les Boutiques de cannelle, les récits du Sanatorium au croque-mort convoquent à nouveau, dans une ambiance de sourde étrangeté, la figure emblématique du père, le thème obsessionnel des mannequins, le contraste, si spécifique à Bruno Schulz, entre beauté et pacotille.

Et un peu avant de partir…

La tempête de neigeUne aventure – Marina Tsvétaïéva – Ed. Folio

Dans ces textes de jeunesse, Marina Tsvétaïéva touche à un genre pour lequel elle demeure méconnue – le théâtre -, y nouant courtes intrigues et petites scènes narratives autour de la rencontre amoureuse. C’est encore cependant sa plume versifiée qui frappe par sonincandescence dans ces deux tableaux où se meuvent, poétiquement, silhouettes brûlant d’absolu et solitudes sans remède. 

L’Oiseau captif – Jasmin Darznik – Ed. Milady

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Forough Farrokhzad a grandi à  Téhéran dans les années 1930, au sein d’une famille de sept enfants. Dans la maison règne une discipline de fer, et les enfants n’appellent pas leur père « papa », mais « Colonel ». Très tôt, Forough manifeste un vif intérêt pour la poésie persane et dévore les recueils que ses frères étudient, eux qui ont la chance d’aller à l’école. À l’âge de seize ans, Forough épouse son amour de jeunesse, Parviz, sur décision de son père qui tient à éviter un scandale. Mais alors que beaucoup de jeunes filles n’ont pas la chance de choisir leur mari, Forough ne tarde pas à déchanter :  l’homme qu’elle a épousé n’est pas exactement celui qu’elle imaginait.

Alors elle se remet à écrire et entre ses vers se devine quelqu’un qui ne fait pas semblant de vivre. Une femme, une vraie. Et même une poétesse. Une qui, sans même s’en rendre compte, va révolutionner la scène littéraire iranienne en écrivant sur le sentiment amoureux, le désir et l’amour charnel, des thèmes traditionnels de la poésie persane, mais qui, venant d’une femme, vont provoquer un séisme sans précédent dans la société iranienne et vaudront à Forough Farrokhzad une réputation sulfureuse.

Michel Kohlhaas – Kleist – Ed. Garnier-Flammarion

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L’histoire se déroule au milieu du XVIe siècle, pendant la Réforme et narre l’histoire du marchand de chevaux Michael Kohlhaas, qui s’insurge contre une injustice qui lui a été faite et veut se rendre justice selon sa devise « Que la justice s’accomplisse, le monde dût-il s’effondrer ».

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