50 minutes avec Dina Rubina

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Дина Ильи́нична Ру́бина

דינה רובינה

⇝ Le 07 janvier les Editions Pocket ont publié la version poche du roman Du côté ensoleillé de la rue de l’auteure israelo-russe.

⇝ Le 12 janvier les Editions Macha Publishing ont publié son tout nouveau roman Le Syndrome de Petrouchka.

À l’occasion du nouvel an russe, les deux maisons d’édition, Macha Publishing et Pocket Editions, ont organisé avec l’équipe de 1 endroit où aller une rencontre virtuelle avec Dina Rubina. C’est d’ailleurs par cet évènement que j’ai pris connaissance de l’existence du site qui organise des rencontres littéraires en ligne. Avec les confinements et les couvre-feux, c’est un site qui a un fort potentiel et auquel je me suis inscrite avec plaisir.

Pour l’heure, parlons de cette rencontre virtuelle via zoom animée par les personnes suivantes:

Nathalie Couderc, libraire

Yves Gauthier, préfacier du Syndrome de Petrouchka, auteur, interprète de Dina Rubina pour l’occasion. Il a été le traducteur de son roman Zoom Avant.

Aurélia, libraire au Bookstore Biarritz

Dire que cette rencontre a été instructive est un faible mot, elle a su transmettre sa vision de la littérature et de ces deux œuvres. Je dirais que l’entretien s’est divisé en deux parties, la première partie menée par Yves Gauthier et se consacrant plus globalement sur la vision de la littérature de Dina Rubina. L’interprète et auteur a commencé par évoquer le thème de la patrie et de l’émigration à celle qui est nommée la « Françoise Sagan russe« . Comparant son travail à celui d’un artisan, Dina Rubina a d’abord parlé d’une construction du bâtiment puis à celui d’un joaillier, là où les finitions doivent se faire, soigneusement, minutieusement, le moment qu’elle dit préférer. « Ma patrie, c’est la langue russe » car la littérature nationale est une force à part. Elle avoue d’ailleurs qu’elle considère Gustave Flaubert comme un maître en style littéraire et qu’elle aime lire Marquez et Borges. Pour elle, donc, « ‘l’émigration est un drame » car elle dit que l’émigration ne peut pas être heureuse, qu’il s’agit d’un drame intérieur, mais heureux dans la mesure ou il alimente la création littéraire. Pour elle, c’est un catalyseur de drame. Yves Gauthier fait une analogie littéraire avec la peinture. Mais elle dit sa détestation du cinéma qu’il faut combattre car il est un ennemi de la littérature et qui finit par tuer l’imagination.

« L’écrivain c’est toujours un magicien, c’est toujours un menteur, c’est toujours un charmeur »

La seconde partie menée par Aurelia porte, quant à elle, sur nos deux romans. D’abord sur Du côté ensoleillé de la rue. La libraire lui demande la raison pour laquelle elle a choisi Tachkent pour baser son récit, car Dina Rubina l’affirme elle-même elle choisit toujours la ville natale de son personnage. Alors qu’ici Tachkent constitue un personnage à elle toute seule, davantage d’ailleurs que Vera et Katia. Aurelia soulève la question intéressante de la part autofictive du roman : Dina Rubina a absolument tenu à dissocier l’écrivain du narrateur, dans la mesure ou ce n’est jamais la même personne qui intervient et que même si l’on peut retrouver des points communs entre la vie de l’écrivain et ceux du récit, il n’implique en rien l’écrivain. Elle présente l’écrivain comme un prédateur qui va chercher ce qu’il y a de plus pourri, de plus douloureux dans la société afin que la société vérifie ses filtres moraux : nettoyer pour vérifier ses filtres moraux.

Les gens de l’air

En ce qui concerne le roman qu’elle vient de sortir, Dina Rubina a expliqué que Le syndrome de Petrouchka est le dernier d’une trilogie, qu’elle intitule Les gens de l’air qui a commencé avec les titres suivants (dont je ne trouve aucune traduction en français):

La main de Leonard – Почерк Леонардо – 2008

la colombe blanche de Cordou – Белая голубка Кордовы – 2009

C’est une trilogie sur la réalité qui devient double, de la création et de son créateur. Ce troisième roman a été le plus douloureux pour elle, mais aussi le plus cher. Elle le qualifie de drame familial mais également de roman gothique.

Enfin, Dina Rubina affirme plus généralement qu’elle travaille toujours à la frontière de la tragédie et de la farce, faisant en sorte de mêler des éléments de tragédie dans la farce et des éléments de farce dans la tragédie. Sa vision de l’écriture est assez conceptuelle, elle avoue tisser une carcasse si puissante qu’elle puisse guide du début à la fin son lecteur.

Le dernier mot pour la fin, elle affirme : L’âme d’un homme intelligent n’est jamais soumis à une quelcqonque idéologie. Les idéologies passent mais l’Art est éternel.

Je terminerai en évoquant Natacha Fialkovsky du groupe Nuits de Princes qui a agrémenté l’entretien de l’interprétation de deux belles chansons!

Le site de Dina Rubina

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