Les trois font la paire

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Au large de la Cornouailles, sur l’île de Bryher, deux fillettes découvrent le corps sans vie d’une touriste française dans la baie de l’Enfer. Le commissaire Brian Macalvie est envoyé sur place. Au même moment, dans un pub, Richard Jury, iconique limier de Scotland Yard, partage un verre avec Tom Brownell, un détective de légende connu pour avoir résolu toutes ses affaires, sauf une – celle de la mort de sa propre fille.

Dans les semaines qui suivent, les meurtres se succèdent : un homme est tué par balle chez les Summerston, une famille d’aristocrates du Northamptonshire.

Puis une troisième victime est retrouvée dans la cathédrale d’Exeter. Jury, Macalvie et Brownell, étrange cortège de rois mages, décident alors de faire équipe pour démêler les fils d’une intrigue imprégnée de mélancolie…

Martha Grimes

463 p.

Presses de la Cité

The old success, 2019

Ma Note

Note : 5 sur 5.

« Au large de la Cornouailles, sur l’île de Bryher, deux fillettes découvrent le corps sans vie d’une touriste française dans la baie de l’Enfer… » C’est une phrase d’accroche assez engageante et qui donne envie, n’est-ce pas ? Il y a des associatmions de mots qui m’interpellent immédiatement, et celle-ci en l’occurrence « Cornouailles – île – Meurtre » m’a immédiatement séduit. Car je ne connaissais pas du tout Martha Grimes, dont je viens de découvrir qu’elle est américaine et qu’elle a de faux-airs de Camilla Shand, la duchesse de Cornouailles. Ses romans policiers mettent pourtant en scène les détectives du New Scotland Yard – j’apprends de la même façon qu’il y a l’ancien et le new Scotland Yard, qui a pris ses quartiers à un kilomètre de ses locaux d’origine – auquel appartient le commissaire Richard Jury. Mais il n’enquête pas seuil, il est accompagné de son lord d’ami, Melrose Plant, assisté sur cette enquête par le commissaire à la retraite, Tom Brownell, sans oublier le commissaire du Devon et de la Cornouailles Brian Malcalvie.

Pas moins que quatre détectives pour enquêter sur les meurtres de trois individus. On peut s’avancer à dire, sans risquer grand-chose, qu’ils vont bien parvenir à obtenir le fin mot de l’histoire. Aucun temps mort, Martha Grimes nous introduit immédiatement sur une plage des îles Scilly, ou il pleut bien entendu, le vent bat les vagues qui viennent frapper le sable, les officiers renfrognés sous la pluie battante, leur commissaire tellement fasciné par le corps qui repose sur le sable mouillé qu’il en oublie ce qui se passe autour de lui. On ne saurait rêver plus typique pour une enquête qui se place sous les cieux britanniques. Et le fait que cela se passe sur une ile qu’on atteint seulement par bateau nous place dans une espèce de huis-clôt façon Agatha Christie, ou chacune et chacun garde jalousement ses secrets.

Ce polar est mené tambour battant et avec quatre hommes qui tour à tour endossent le rôle d’enquêteur, on ne s’y ennuie décidément pas. Bien au contraire, il faut coller au plus près du texte lorsqu’on passe de Malcalvie à Jury puis à Brownell et Plant. Si, comme dans mon cas, on n’a pas lu les tomes précédents du cycle Jury, quelques pages sont nécessaires pour s’habituer aux personnages, à leur caractère, leur fonction, leur passé, qui est totalement partie prenante dans les investigations menées par le quatuor. En effet, le passé, clairement mystérieux, de Malcalvie fait irruption le temps d’un ou deux paragraphes, mais il est surtout question de celui de Tom Brownell, dont la fille Daisy s’est suicidée quelque temps auparavant et qui connaissait chacun des personnes impliquées. Cette intrigue quelque peu emberlificotée met à mal l’aristocratie anglaise, et j’avoue que cela a un côté un peu jouissif de voir cette société de bonnes apparences et de bonnes mœurs, incarnée par le couple Summerston, se faire malmener par cette enquête qui dévoile tous les vices qu’elle renferme.

L’autre point fort de polar, c’est l’humour dont font preuve chacun des personnages, cet humour qui donne un peu de relief à cette enquête, les échanges complices et taquins entre certains protagonistes, je pense ici à Melrose et le jeune homme qu’il accueille chez lui. Chose remarquable dans un roman policier, il est rare de constater que les divers enquêteurs ne se tirent pas la bourre à être celui qui aura le privilège d’être à la tête de l’enquête en cours. Aucune fausse rivalité, c’est tout le contraire, il y a ce sens de l’amitié, et de la fonction, entre chacun qui fait que cette enquête est davantage le fruit d’un travail d’équipe et d’une entraide, ma foi, assez peu commune. J’avoue volontiers que c’est assez rafraichissant de ne pas lire les coups bas ou autres échanges piquants et acides entre nos quatre hommes.

– Je crains que ma récolte ne soit pas meilleure. Il n’y a pas grand-chose à tirer de cette chambre.

– Remballez votre matériel. Départ dans quinze minutes. Il est grand temps d’aller nous coucher.

– Merci, mon Dieu, si Vous existez !

– J’existe, et je vous autorise à m’appeler « chef ».

– Quelle modestie !

Macalvie ne répondit pas. Il était immunisé contre l’ironie de Gilly.

Comme j’en ai parlé plus haut, j’ai rencontré quelques passages ou je me suis mélangé les pinceaux entre les fonctions de chacun d’entre eux, d’autant que ma lecture s’est étalée sur plusieurs jours, et Melrose, le lord déchu de ses titres, n’ayant pas de fonction officielle et de rapport directe à l’histoire, comme un tas d’autres personnages par ailleurs. Il y a pourtant un tas de liens entre eux mais si ténus qu’il est facile de les zapper au gré de sa lecture.

La mise en place de l’intrigue, qui est tortueuse, est somme toutes un peu laborieuse, ce qui n’empêche pas que j’ai su en apprécier la plus grande part. Ce roman est en effet constitué d’une somme de petites histoires personnelles, en tout cas, présentées comme telles, qui finissent par former un ensemble doté de multiples ramifications au sein de microcosme qu’est l’île de Bryher. L’intrigue en elle-même réserve son lot de surprises, les différents personnages qui tiennent lieu d’enquêteurs sont assez simples, sans prétention et à certains moments spirituels et drôles pour finir par en apprécier chacun d’entre eux. Comment ne pas aimer un personnage qui, contre toute attente, et surtout contre toutes les bonnes manières de la noblesse anglaise, a royalement fait fi de ses titres de Comte, Vicomte et Lord!

– Crick, pourriez-vous servir le thé, je vous prie ? demanda Eleanor au majordome.

Le vieillard s’inclina et sortit.

– Que faîtes-vous dans le coin, Tom ? s’enquit Eleanor.

– C’est une longue histoire. J’ai rencontré le commissaire Jury à l’Old Success, en Cornouailles. Il se trouve qu’un de ses amis – votre voisin, M. Plant – a demandé à ma petite-fille de passer voir son cheval. Elle exerce comme maréchal-ferrant.

– Dîtes-moi, ajouta lady Summerston en pressant la main de sa nièce, que pense la police de notre affaire ?

– La police en général, ou moi en particulier ?

– Pourquoi ? Vos avis divergent ?

Le regard de lady Summerston passa de Tom à Jury et fit le tour de la pièce, comme si elle soupçonnait d’autres policiers de s’y cacher.

Brownell eut un rire bref.

– Quelquefois, oui.

– Vous ne croyez tout de même pas que Flora… ?

– Eleanor, je ne sais rien de plus que ce que M. Plant m’a dit.

Flora intervint :

– Voici les faits, ma tante : mon mari a été tué. J’avais une arme à la main. Selon toute apparence, il n’y avait personne d’autre dans la pièce. A leur place, qu’en déduirais-tu ?

Tout le monde vous le dira, il ne se passe jamais rien à Rackmoor. Que pourrait-il d’ailleurs bien se passer dans un petit village du Yorkshire accroché au flanc d’une falaise, battu par les vents et perdu dans le brouillard… Or, un jour, on retrouve le corps ensanglanté d’une inconnue. Une inconnue qui- vous diront certaines personnes bien informées – pourrait être Dillys March, la pupille du riche sir Titus Craël. Disparue depuis quinze ans, quelques langues venimeuses ajouteront qu’elle serait venue pour réclamer sa part d’héritage. Ce qui est troublant, c’est que la moitié des habitants de Rackmoor ne reconnaissent pas Dillys. Pupille ou usurpatrice?
Une affaire complexe dont triomphera l’inspecteur Jury de Scotland Yard au terme d’une plongée dans le passé obscur de la petite ville.

Un coup de couteau dans le dos. L’une après l’autre, les victimes tombent. Toujours des enfants.

Aidés du commissaire Malcavie, l’inspecteur Jury et son fidèle Melrose Plant ne négligent aucune piste. Mais pourquoi Malcavie s’acharne-t-il à penser qu’il existe un lien entre ces assassinats et celui de Rose Mulvanney, commis vingt ans auparavant ? Et pourquoi ce pub désolé, posé en bordure de route, en pleine campagne, est-il devenu son quartier général?

Dans un pays où les secrets de famille ont l’opacité du brouillard qui s’abat sur la lande, la légendaire complicité de Jury et Plant suffira-t-elle à faire parler les fantômes du passé ?

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