Sorties Octobre 2021

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Voilà une sélection, plus réduite que je ne le pensais au départ, pour évoquer les sorties uniquement dans le domaine de la littérature d’Europe de l’Est et de la littérature Russe. On peut noter des classiques russes, les incontournables Tchekhov et Boulgakov, et d’autres noms plus confidentiels, qui suscitent ma curiosité. Les ouvrages des éditions Interférences, si vous les connaissez, possèdent un graphisme très soigné, tout comme la texture du papier, sont reconnaissables entre millet et nous font le plaisir d’une publication ce mois-ci. Nous avons deux auteurs serbes, l’un chez les Éditions Noir et Blanc que l’on ne présente plus, l’autre chez Monts Métallifères une toute nouvelle maison d’édition dont je vous laisse le lien, et dont le titre finira à coup sûr chez moi. Gaïa et l’Aube publient en version poche deux titres d’auteurs, respectivement, slovaque – une fois n’est pas coutume – et russe. Quant à Gallimard, c’est un roman russe et un autre bulgare qu’ils nous proposent. Enfin, Actes Sud dont les publications de littérature russe et d’Europe Orientale s’essouffle depuis quelque temps, met en lumière un auteur polonais.

À paraître le 06 octobre

Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov

Inculte-Dernière marge, 600 p.

Moscou, années 1930, le stalinisme est tout puissant, l’austérité ronge la vie et les âmes, les artistes sont devenus serviles et l’athéisme est proclamé par l’Etat. C’est dans ce contexte que le diable décide d’apparaître et de semer la pagaille bouleversant les notions de bien, de mal, de vrai, de faux, jusqu’à rendre fou ceux qu’il croise. Chef-d’oeuvre de la littérature russe, « Le Maître et Marguerite » dénonce dans un rire féroce les pouvoirs autoritaires, les veules qui s’en accommodent, les artistes complaisants, l’absence imbécile de doute.
André Markowicz, qui en retraduisant les oeuvres de Fiodor Dostoïevski leur a rendu toute leur force, s’attaque à un monument littéraire et nous restitue sa cruauté première, son souffle romanesque, son universalité.

À paraître le 06 octobre

L’horizon de Wieslaw Mysliwski

Actes Sud, 560 p.

Tout commence par une vieille photographie. Piotr s’y revoit en compagnie de son père lors d’une promenade dominicale à la campagne. Cette image lointaine fait resurgir, comme par enchantement, les souvenirs du passé. Apparaît alors une kyrielle de personnages ayant marqué son existence. Ses parents d’abord, ses grands-parents, ses oncles et ses tantes, mais aussi Sulka, une gamine juive à la chevelure flamboyante ou les demoiselles Poncki, deux prostituées au coeur tendre.
Inspiré d’éléments autobiographiques, porté par une écriture envoûtante, L’Horizon brise la logique de la chronologie pour suivre le flux imprévisible de la mémoire, jusqu’à la transcender. Car, pour My?liwski, la mémoire n’est qu’une fonction de l’imagination. Un grand roman qui a marqué des générations de Polonais.

À paraître le 07 octobre

Le pays du passé de Guéorgui Gospodinov

Gallimard, 352 p.

Et s’il devenait possible de retrouver son passé ? C’est ce qu’imagine le mystérieux Gaustine en fondant une clinique où chaque patient peut replonger dans l’époque favorite de sa vie grâce au décor de sa chambre.L’artifice paraît simple et sans danger, mais la tentation d’échapper au présent peut se révéler périlleuse : qu’adviendrait-il de l’Europe si ses États membres étaient gagnés par cette envie ?Dans un roman éclatant d’inventivité, le grand écrivain bulgare Guéorgui Gospodinov interroge notre rapport individuel comme politique à la nostalgie et nous invite à nous pencher sur le séduisant miroir des souvenirs.

À paraître le 13 octobre

C’est arrivé un premier septembre de Pavol Rankov

Gaïa, 464 p.

Peter, Jan et Gabriel sont hongrois, slovaque et juif – et amis. Le 1er septembre 1938, ils se retrouvent à la piscine de Levice, dans le sud de la Slovaquie, prêts à en découdre pour l’amour de la belle Mária. Leur « lutte » perdurera trente ans encore, parallèlement à celle de leur pays qui se bat aussi pour trouver sa place au sein de l’Europe. L’histoire intime des trois jeunes garçons, puis des trois hommes, incarne les remous de la grande Histoire de 1938 à 1968. Et si rien n’avait raison de leur amitié ?

À paraître le 14 octobre

Une mer blanche et silencieuse de Branimir Šćepanović

Editions Noir sur Blanc, 560 p.

Tous les lecteurs se souviennent de l’hallucinante chasse à l’homme de La Bouche pleine de terre qui avait révélé le nom de Branimir Šćepanović au public français. D’un livre à l’autre, le talent de Šćepanović s’est imposé à ses innombrables lecteurs. Maître du récit court, de la narration condensée riche en symboles, Šćepanović, tel un prophète de l’Ancien Testament, révèle à l’homme sa nature tragique et risible au travers de fables allégoriques. Les quinze nouvelles inédites de la présente édition prouvent une fois de plus le talent inégalé de ce géant de la littérature universelle et intemporelle. « Les livres de Branimir Šcìepanovicì se reìveÌlent des concentreìs ouÌ de sombres firmaments se mêlent aÌ des lambeaux de ciels creìpusculaires. » (Linda Lê, extrait de la préface)

À paraître le 14 octobre

Exemplaire unique – Roman-delta aux cent fins de Milorad Pavić

Monts Métalifferes – 360 p.

AlexSandra Klozevitz est un être androgyne qui tient un commerce particulier : c’est un(e) chasseur(se) de rêve, qui vend à qui le souhaite un de ses rêves futurs. Ces rêves, où les fantasmes se mêlent au mythe, s’avèrent prémonitoires. Mais on ne rêve pas ses rêves futurs sans danger, et, très vite, les morts se mettent à tomber.
Dans ce polar onirique qui ne cesse de brouiller les pistes et d’abolir les frontières (entre homme et femme, rêve et ­réalité, vie et mort, passé et avenir), nous suivons tour à tour les destinées d’un chanteur d’opéra, celle de sa femme, la magni­fique Markezina Lempicka, et de son amant. On y croise aussi un assassin lanceur de couteaux, un magnat aux ongles arrachés, un lévrier géant, Pouchkine, une irrésistible danseuse de tango, des morts qui convoquent les vivants… Et, comme toujours chez Pavić, le Diable n’est jamais loin.

À paraître le 14 octobre

Les aventures d’un sous-locataire de Iouri Bouida

Gallimard, 456 p.

Quand Stalen Igrouïev arrive à Moscou dans les années quatre-vingt-dix, il rêve comme tant d’autres de devenir écrivain. Mais il est plus enclin à passer du temps auprès des femmes et à s’adonner à la boisson qu’à se mettre véritablement à écrire.Puis il rencontre celle qui l’inspirera : Phryné. Femme-monde, initiatrice de trente ans son aînée et miracle de la nature, elle devient une compagne idéale et sa muse, et va bouleverser le cours de son existence.Rythmé par mille rebondissements et mené par une voix irrésistible pleine d’humour, ce roman picaresque se lit tout à la fois comme la déclaration d’un amour éternel et une réflexion sur ce qu’est la vie d’un écrivain. Mais il brosse également un formidable tableau de la Russie de la seconde moitié du XX? siècle, dans sa violence et ses excès, qui résonne particulièrement aujourd’hui.

À paraître le 14 octobre

Je ris parce que je t’aime de Alexandre Sneguiriev

Editions de l’Aube – collection Mikros, 304 p.

« C’est là que j’ai compris qu’un handicapé, ce n’est pas une prison ordinaire. C’est une prison que se construisent ceux qui s’en occupent. Ils dressent des murs entre eux-mêmes et le monde. »

Fiodor et Lena sont jeunes et amoureux. Elle tombe enceinte. Ils sont heureux. Mais voilà, l’enfant qui naît est trisomique. La mère fuit. Le père hésite. Ce sont finalement les grands-parents paternels qui élèveront le petit garçon, laissant leur fils construire sa vie. L’enfant a quinze ans lorsque ses grands-parents décèdent ­brutalement. Il n’a plus le choix : Fiodor doit laisser son fils entrer dans sa vie. C’est ce face-à-face entre un père désemparé et maladroit et son fils, aussi attachant qu’imprévisible, que Alexandre ­Sneguiriev nous raconte. Son style, sans mièvrerie aucune, nous atteint droit au cœur.

À paraître le 20 octobre

Abraham le poivrot, loin de Tolède de Angel Wagenstein

Autrement, 432 p.

Albert Cohen, dit Berto, Bulgare exilé en Israël, rentre dans sa ville natale de Plovdiv le temps d’un colloque. Et c’est soudain tout le monde bigarré, cosmopolite et chaotique de son enfance qui lui revient en mémoire. Son grand-père Abraham, maître ferblantier, ivrogne invétéré, philosophe à sa manière et affabulateur de génie, est la figure de proue de ces souvenirs.Angel Wagenstein oscille ici entre évocation nostalgique d’une Bulgarie révolue et description cruelle d’un pays miné par la corruption. Mais Abraham le Poivrot est avant tout une ode drôle et délicate à ces Balkans d’un autre temps où les religions et les peuples se côtoyaient pour le meilleur et pour le pire, où les langues et les cultures s’entremêlaient, s’influençaient, où le lieu dans lequel on vit était plus important que celui d’où l’on vient.Abraham le poivrot, loin de Tolède est, après Le Pentateuque ou les cinq livres d’Isaac, le deuxième volet de la trilogie d’Angel Wagenstein sur le destin des Juifs d’Europe.

À paraître le 27 octobre

Faits divers de Léonid Andreïev

Interférences Editions, 112 p.

Léonid Andreïev (1871-1919, écrivain et dramaturge, a connu un grand succès au début du XXe siècle. Anti-tsariste, puis anti-bolchevik, il a dépeint de façon à la fois concrète et poétique toutes les couches sociales des années pré-révolutionnaires. Ce recueil de quatre nouvelles tirées des récits complets publiés aux éditions Corti de 1998 à 2001 met l’accent sur une facette bien particulière de son talent. S’il est plutôt connu en tant qu’auteur de nouvelles poignantes sur la guerre, la folie, le mal ou l’attente de la mort, il sait également camper des scènes apparemment anodines et néanmoins révélatrices des petits travers humains. Son expérience de chroniqueur judiciaire lui a appris à observer le monde qui l’entoure et à transformer des petits rien de la vie quotidienne en mini-drames qui donnent à réfléchir.

À paraître le 28 octobre

Correspondance avec la Mouette de Anton Tchékhov – Lydia Mizinova

Arléa

Cette correspondance croisée est avant tout une histoire d’amour qui traverse la vie d’Anton Tchékhov et de Lydia Mizinova. C’est aussi une histoire sublime et tragique de la création, indissociable du mouvement de la vie, de ses passions, de ses joies en exaltations et de ses tragédies. Lydia Mizinova inspira le personnage de La Mouette.

Avant d’être une correspondance, ce livre est avant tout une histoire d’amour qui traversa à divers titres toute la vie d’Anton Tchékhov et de Lydia Mizinova. Et c’est aussi une histoire sublime et tragique de la création, indissociable du mouvement de la vie, de ses passions, de ses joies en exaltations et de ses drames.
Lydia Mizinova inspira le personnage de La Mouette. Si d’évidence nous retrouvons chez Tchékhov épistolaire les mêmes qualités d’écriture que chez Tchékhov auteur (concision elliptique, ironie, sens de la formule, humour, force d’évocation, puissance d’analyse), il n’en reste pas moins que Lydia Mizinova exprime elle aussi, avec une belle force et une grande justesse, le désir et la détresse.
Cette correspondance croisée, l’histoire qu’elle nous fait partager, son rythme même, nous font penser de façon saisissante à une nouvelle de Tchékhov. Leur histoire, ce qu’ils se disent, ce qu’ils se taisent, l’exil parisien de Lydia, la mort de son enfant, son courage, leur humour, tout ce petit théâtre de séduction et d’indifférence qu’ils mettent en place, a beaucoup à voir avec la façon que Tchékhov a de nous emporter dans son oeuvre – à  » bas-bruit « , incidemment – et de nous faire vivre le  » drame (parfois heureux) de l’existence « .

À paraître le 28 octobre

Envers et contre tout de Euphrosinia Kersnovskaïa 

Editions Bourgois, 624 p.

Alors qu’elle est à peine âgée de trente ans, Euphrosinia Kersnovskaïa voit l’URSS imposer le joug soviétique à la Bessarabie, où sa famille s’est installée après la révolution. Victime de la collectivisation, Euphrosinia perd tout. Très vite, elle est envoyée sur un chantier d’abattage de bois en Sibérie. Elle s’évade, erre des mois seule dans la taïga, puis finit par être arrêtée et condamnée à des années de camp – pour finalement travailler dans des mines de charbon. Une fois libre, elle produit cette œuvre inouïe : un récit où le témoignage écrit cohabite avec des dessins réalisés sur des cahiers d’écolier – en illustrant elle-même son histoire, elle restitue dans les moindres détails les scènes dont elle a été témoin et auxquelles elle a participé. Sa destinée s’apparente à celle des plus grandes héroïnes de roman. On se demande avec stupéfaction comment autant d’épreuves et de malheurs peuvent tenir en une seule vie : Euphrosinia affronte les obstacles de sa vie d’un cœur pur et candide, faisant toujours passer les autres avant elle-même. Le dessin, qui aurait pu n’être pour elle qu’un simple passe-temps, devient entre ses mains la lance de Don Quichotte qui lui sert à pourfendre inlassablement le mal. Écrit à l’insu des autorités, Envers et contre tout est le récit d’un destin hors du commun. Un témoignage fort et inspirant, l’odyssée d’une irréductible qui constitue une source de joie profonde, un antidote aux compromissions et à la peur, au mensonge et à l’oubli.

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