Poutine, l’ascension d’un dictateur

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La passionnante et révoltante biographie du maître du Kremlin.

De ses origines de petit voyou dans les cours d’immeubles sales et infestées de rats de la Leningrad de l’après-guerre jusqu’à sa place actuelle parmi les hommes les plus puissants du monde, en passant par son ascension dans les rangs du KGB, voici l’histoire de Vladimir Poutine.

Le journaliste et auteur Darryl Cunningham, best-seller du New York Times, livre une enquête sur l’histoire du cartel criminel de Poutine et sur son influence néfaste sur notre monde. Il analyse les guerres en Syrie, Géorgie et Ukraine, les empoisonnements de Salisbury, les violents assassinats du politicien Boris Nemtsov et de la journaliste Anna Politkovskaïa et le meurtre d’Alexandre Litvinenko à Londres. Il revient également sur la manière dont le gouvernement russe est intervenu dans l’élection américaine de 2016, afin d’aider Donald Trump à se faire élire.

Cunningham décortique le plus grand scandale d’espionnage de l’Histoire, fait de guerres, d’assassinats, de terrorisme, de cyberattaques, de corruption et de vols à très grande échelle.

Darryl Cunningham

160 p.

Delcourt

Putin’s Russia, the rise of a dictator – 2021

Une traduction de Laurent Queyssi

Ma Note

Note : 5 sur 5.

J’ai sollicité ce roman graphique paru aux Éditions Delcourt par le biais de Netgalley : par intérêt, évidemment, la vie et la personnalité de Poutine est un thème essentiel pour comprendre la Russie d’aujourd’hui et la guerre en Ukraine, tout en étant curieuse de lire un roman graphique en support numérique. Il faut se rappeler qu’il s’agit ici d’une seconde édition du roman, la première ayant été publiée en septembre 2021. La guerre en Ukraine a poussé l’auteur britannique, Darryl Cunningham, à mettre à jour son roman graphique par le biais de quelques planches supplémentaires qui précèdent la première version publiée. Rien de fictif dans ce roman graphique, Darryl Cunninghtam fournit éléments biographiques, historiques, politiques, il se fait le relais de témoignages, d’études publiées, comme faisceaux de preuves soutenant les accusations qui pèsent sur le président russe.

La première chose qui marque, qui choque, qui saute aux yeux est cette couverture rouge, les premières cases d’introduction sont entièrement entachées de ce rouge sanguin. L’effet visuel est réussi, c’est certain. Si l’on se doute que l’homme n’est pas un enfant de chœur, il faut dire qu’ils sont rares en Russie, on entame ce roman avec la quasi-certitude que l’homme a du sang sur les mains. Si tant est que l’on se posait encore la question au jour de la guerre en Ukraine. Le roman graphique dans son ensemble est très économe en couleurs, l’auteur et dessinateur se contente du minimum, ce rouge détonnant, et le noir de ses smokings, le même noir des armes, quelques touches de couleurs lorsqu’il est question d’enfants : le trait du dessin prédomine, ce relatif dépouillement renforce à mon sens le fond du propos, et la tyrannie brute et sans fard de Poutine.

On rentre de façon plutôt abrupte dans le vif du sujet, la guerre en Ukraine en arrière-plan, l’auteur ne s’épanche pas tellement avant de lui porter la première estocade : j’y ai ressenti une grande colère de la part de l’auteur, ce que je comprends et partage, qui englobe les forces occidentales et leur inertie passéiste dans son estocade. Si un tel personnage a pu s’engraisser au fil du temps, c’est bien parce que nos femmes et hommes d’état ont délibérément laissé faire. Darryl Cunningham s’implique personnellement dans son texte, c’est d’abord son pays, son gouvernement qu’il dénonce. Il fait état des liens du Premier ministre anglais, Boris Johnson, de son parti conservateur et des oligarques russes, de l’omniprésence de l’argent sale de ces derniers dans la capitale anglaise : j’étais loin de me douter des ramifications de l’étendue et l’amplitude de leur influence, notamment au travers du ramage de l’immobilier londonien, qui leur sert de blanchisseuse avec l’accord tacite de l’homme politique et des Tories.

C’est un roman graphique partagé entre la dimension biographique de Poutine et l’histoire du pays, intrinsèquement liées, puisque l’homme a clairement surfé sur les changements de régime pour s’octroyer doucement mais surement le poste le plus haut de son pays une place de choix parmi l’élite mondiale : quand on comptait parmi les agents actifs soviétiques. On y apprend, sans surprise, que le président russe est dès le départ un garçon malingre mais hargneux, volontaire et rancunier, doté très tôt d’une ambition tenace, qui lui permettra d’intégrer le KGB. Quelques vignettes à tendance biographique, quelques vignettes historiques pour rappeler, par exemple, les lignes essentielles du gouvernement Gorbatchev, glasnost, perestroïka. Ce qui est troublant, c’est qu’il y a le discours officiel, tiré de la biographie de Poutine Poutine par lui-même ou de l’ouvrage qui réunit vingt-quatre heures d’entretiens accordés à des journalistes, intitulé Première personne, remis en cause par une réalité alternative, qui a défaut de recevoir une confirmation du sujet en question, n’est étayée sur un faisceau de présomptions, d’études, de témoignages (Bill Browder, un gérant de fond spéculatif autrefois le plus gestionnaire de portefeuilles en Russie) mais qui n’a jamais suffi pour le traduire en justice. Ces zones d’ombre ont du mal à retrouver un peu de lumière.

Premières tentatives pour museler l’opposition, l’arrestation de Vladimir Gloussinski, l’empire media-most. Toutes les principales affaires qui ont marqué le premier mandat de Poutine, le Koursk, le théâtre Doubrovka, le siège de l’école de Beslan, Anna Politkovskaia : L’auteur retranscrit parfaitement bien la terreur que lui et ses comparses inspirent aux opposants. Il suggère les menaces, les assassinats qui les touchent, bien avant la journaliste. Meurtre par balle, bombe, et la méthode préférée, l’empoisonnement, on se rend compte que c’est une véritable hécatombe des opposants du futur président. Il lève la lumière sur le tissu de mensonges dont nous abreuve l’homme, les méthodes peu orthodoxes du Tsar, en particulier sur ces crimes, les montages financiers qui lui permettent de dissimuler le montant de sa fortune – Darryl Cunningham affirme qu’il serait l’homme le plus riche au monde (un petit 200 milliard de dollars), loin devant Elon Musk, Jeff Bezos et consorts. Darryl Cunningham n’est pas tendre avec Poutine, il ne prend pas de gants, c’est un véritable acte accusatoire qu’il a soigneusement monté, rédige, illustré : il parle de l’argent du « cartel du crime de Poutine ». On y retrouve évidemment les pages les plus récentes de l’histoire russe, notamment la confrontation indirecte avec Navalny . En tant que victime présumée d’un empoisonnement, Darryl Cunningham rappelle les idées originelles du prisonnier, qui flirtent vers l’extrême-droite. L’intervention et les manipulations de la Russie en Syrie, guerre de propagande et de fake-news dont l’Ukraine est devenue aujourd’hui le deuxième champs de mines. Je dois avouer que le récit des méfaits du président russe, si tant est que l’on puisse de parler de récit dans la mesure ou il s’agit d’un roman graphique, fait froid dans le dos, son cynisme, son détachement, sa cruauté, sa brutalité sont aujourd’hui à la hauteur de sa paranoïa actuelle qui l’a poussé à se cacher courageusement dans l’un de ses bunkers.

Ce roman graphique est très bien fait : exhaustif, clair, très percutant textuellement et visuellement. C’est une première étape idéale pour avoir une vue sur l’homme, qui aime entretenir le secret, et qui tisse ces liens, évidents une fois qu’on les lit ici, entre ces événements qui nous ont marqué dans leur individualité, mais qui ne sont finalement que les étapes pour museler et contrôler son peuple, et ceux qu’il considère faisant partie des territoires russes par essence. Si Poutine a été assez retors pour accéder là où il est aujourd’hui, avec encore deux mandats qui s’offrent à lui, nul doute qu’il est le fruit d’un système de corruption, dont la gestation a abouti à donner naissance à ces nouveaux russes. Et d’une pensée idéologique sur la grandeur du pays, son mythe, qu’il entretient soigneusement avec l’annexion ponctuelle de territoires qu’il considère russes. La question est maintenant la suivante : qui pour reprendre le chaos qu’il laissera derrière lui ?

La Russie en roman graphique, c’est aussi

Et si la Révolution russe avait été une révolution anarchiste ? Pour son centenaire, plongez au coeur de la Révolution d’octobre 1917 avec une édition spéciale, reprenant le diptyque Septembre Rouge Octobre Noir.Le commissaire Blondin est chargé d’escorter Jules Bonnot, l’anarchiste, pour assassiner le tsar Nicolas II. Lorsqu’ils arrivent en Russie, Lénine rassemble ses troupes. Mais ils commencent à avoir des doutes : et si les Bolcheviks, une fois au pouvoir, remplaçaient un autocrate par un autre ? Les deux Français se lancent alors dans un pari fou dont le résultat ne sera pas celui attendu par Clemenceau…

Et si, le 21 juillet 1969, ce n’était pas les Américains qui avaient fait un petit pas pour l’homme mais un grand pas pour l’humanité sur la Lune, mais les Russes ?19 septembre 1969. Les Soviétiques sont les premiers à se poser sur la Lune. à Washington, le président Nixon donne carte blanche à la NASA pour que l’Amérique devienne la première nation à établir une base lunaire permanente. Dix ans plus tard, alors que la tension monte entre les USA et l’URSS, la Lune se prépare à devenir le théâtre inédit d’un nouvel épisode de la guerre froide.

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