Contes Najavo du grand-père Benally

Nausica Zaballos, Éditions Goater, 116 p.

Ma note ♦♦♦♦◊

Emma et Dan habitent Phoenix, l’une des plus grandes villes de l’état d’Arizona, comme chaque année, à l’occasion des fêtes de Thanksgiving, ils rendent visite à leur grand-père Harry Benally, dans la réserve Navajo, aux pieds des monts Lukachukai, en pleine nature, ils vont s’endormir dans le hogan au son des histoires sacrées racontées par Harry. Et dans la journée, ils embarquent dans son pick-up truck pour découvrir les paysages impressionnants où leurs illustres ancêtres, les héros fantastiques Femme Changeante, Les Jumeaux, ou Grand-mère Araignée ont affronté monstres et défis afin d’assurer la survie du peuple Navajo. Le livre est complété par une partie documentaire.

Résumé tiré de la quatrième de couverture

 

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           Voilà un livre issu d’une collection originale nommée Kervinihy des Éditions Goater, collection qui « rassemble des textes du monde entier, puisant ses racines dans les légendes, celles d’hier et de demain ». Comme le titre l’indique, il est question de la culture amérindienne Navajo. Cet ouvrage s’adresse sans doute à un lectorat plutôt jeune, le site internet nous donne l’âge indicatif de 12 ans,  mais en tant que lectrice de trente-sept ans, j’ai pris grand plaisir à le compulser (avant de le donner à ma fille, évidemment).

           Il se décompose en sept chapitres, précédés d’une courte introduction, qui a pour but de replacer la culture Navajo, la place même de l’homme Navajo, au sein de la société américaine. Un rappel historique ou une leçon utile en effet sur le gouvernement fédéral, aidé des colons, qui a procédé au massacre en règle de la population amérindienne afin de s’emparer de ses terres. Elle synthétise brièvement l’état d’esprit de cette population et justifie le choix de l’auteur, Nausica Zaballos, sur la construction de son récit. En effet, le titre prête un peu à confusion: il ne s’agit pas tellement d’une suite de récits ayant pour cadre la culture Navajo, ce à quoi je m’attendais au départ, mais d’une seule narration divisée en chapitres qui reprennent chacun un pan de la mythologie Navajo, sous la forme d’un récit d’un grand-père à ses deux petit-enfants qui viennent lui rendre visite.

          Chaque chapitre est composé de la fiction en elle-même mais également d’une partie informative qui explicite quelques notions culturelles, ce qui est assez bien pensé: il n’est pas forcément aisé de comprendre une culture étrangère qui possède ses propres codes, ses us et coutumes forcément opposés aux nôtres, aussi romancé que soit le récit, spécialement pour un public pas forcément averti au préalable. Chaque chapitre s’attarde donc sur un aspect culturel différent, en l’occurrence, le premier chapitre qui s’intitule « autour du feu, dans le hogan », pose donc, en première partie, la toile de fond Navajo et l’amorce de la narration. Et s’ensuit, dans la seconde partie, cette section explicative sur cette habitation qu’est le hogan, mot typiquement Navajo, qui désigne la maison traditionnelle. Ces sous-parties sont quelquefois accompagnées d’un chant traditionnel.

          Comme je le disais plus haut, cette lecture est enrichissante autant pour les ados que pour les adultes: découvrir les mythes Navajo, je pense notamment au chapitre 2 intitulé « La dispute de premier homme et de première femme », qui conte ainsi les origines de l’homme selon cette culture amérindienne, m’a amené à réfléchir sur notre propre mythologie. Car à sa lecture, on peut éviter de dresser des comparaisons entre leur mythologie et la notre, on se rend compte en autre à quel point la place de la femme est nettement plus valorisée dans leur société que dans la notre. On découvre également la force du lien du peuple avec la nature, notamment à travers l’image du couple Araignée, qui symbolise l’art du métier à tisser, instrument à la base de la fabrication des tapis Navajo, couplé avec la récolte de la laine et des pigments. naturels Nous ne sommes finalement plus très loin des héros mythiques grecs…

         Ce livre qui conjugue à la fois une dimension narrative et didactique est une jolie découverte: j’aurais peut-être aimé, certes, en connaître un peu plus (une fois que l’on a commencé, il devient difficile de s’arrêter là), mais il est intelligemment construit, assez simplement et bien écrit pour attirer l’attention d’adolescents ainsi que d’adultes et au final aussi divertissant qu’instructif. J’ai vraiment ressenti cette recherche de la qualité autant à travers la dimension culturelle que la dimension artistique des illustrations qui égaient le texte. Merci à la maison d’édition Éditions Goater pour cette lecture, qui sort un peu de l’ordinaire, et qui m’a permis de replonger le temps de ces cents pages dans une culture oubliée. C’est avec plaisir que je découvrirais volontiers les autres titres de la collection!

Premier Homme et Première Femme étaient dévorés par l’inquiétude. Les Navajos allaient disparaître: ils étaient sans cesse pourchassés par des monstres. Les familles, décimées, étaient trop faibles pour s’occuper des récoltes. Un beau jour, Premier Homme décida de marcher en direction de Ch’ool’i’i, la montagne que l’on appelle aujourd’hui Gobernador Knob. Le soleil rayonnait bien haut dans le ciel. Une semaine auparavant, désespéré, Premier Homme avait offert plusieurs prières aux Yeis, en agitant sa bourse-médecine dans la direction de la montagne. Cela faisait désormais quatre jours qu’un mystérieux nuage gris couronnait son sommet. Il était temps d’aller voir ce qui s’était produit: peut-être les Yeis ne les avaient finalement pas abandonnés, lui et Première Femme.

 

 

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